La session de photos - Victoria Hoppe

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La session de photos

La session de photos - Victoria Hoppe

Je dois avouer que je n’aime pas me faire prendre en photo. Mais, mes amis et moi, nous voulons se faire faire des clichés pour avoir un joli souvenir de notre temps ensemble à l’université. Nous venons tous de graduer il y a quelques mois, et nous voyons déjà comment le temps va nous séparer, une déménage à Ottawa, l’autre à Vancouver, et une autre encore qui va partir travailler dans plusieurs pays différents pour enseigner l’anglais et le français aux Vietnamiens, aux Chiliens et au Coréens.  Moi, je reste ici, mais je sais que je ne vais pas avoir autant d’opportunités de voir les autres qui restent ici avec moi, et encore moins les autres qui partent loin de nous pour découvrir de nouveaux horizons. J’aimerais bien partir pour une autre ville, une autre province ou un autre pays, mais pour le moment, je dois commencer ma carrière et demeurer dans la même ville, jusqu’à ce que je me fasse un nom, une réputation, ce qui est primordial dans mon métier.

Mais voilà : la journée ne s’annonce pas belle. Je ne sais pas comment je vais arriver sans me mouiller les cheveux. Oui, c’est une session seulement avec les amis, mais je dois tout de même paraître de mon mieux. Je ne veux pas me retrouver avec les cheveux plats sur la tête, quand j’y ai mis tant de temps à les arranger pour qu’ils soient beaux ! En plus, pour rendre les choses encore plus compliquées, il n’y a pas d’autobus pour m’amener de mon petit logement à la boutique du photographe, qui se trouve à trois coins de rue de chez moi. Et, avec la température annoncée, je crois que je ne pourrai pas éviter de me faire tremper de la tête aux pieds.

Je m’apprête à partir. Malgré la chaleur prévue, je me mets un manteau long imperméable pour bien couvrir tous mes vêtements. Je n’ai malheureusement pas de parapluie, car mon dernier était en piètre état, et j’ai dû le jeter aux vidanges. Donc, je me faufile sur le trottoir, en courant pour me faire protéger par les auvent des commerçants et les balcons des appartements, pour ne pas arriver avec une odeur de petit canard à la patte cassée.

Quand j’ouvre la porte de la boutique, à bout de souffle, mes amis me sourient, devinant mon malaise. Je m’excuse et je me dirige vers le miroir le plus près pour m’examiner. Ma réflexion m’apaise : mes cheveux ont survécu. Parfait ! On peut commencer la séance !